« Paz » – Caryl Férey

En Colombie, violence et corruption font malheureusement partie du quotidien. Caryl Férey, ex-routard et spécialiste des situations explosives, nous emmène dans un univers où le sang donne le tempo du bouquin. Les deux personnages centraux, dont la filiation est importante, nous plongent dans la corruption qui gangrène la Colombie.
Ce drame humain ponctue la trilogie sur l’Amérique latine. Une oeuvre intense qu’il est vraiment compliqué de lâcher.
« Paz » de Caryl Férey est publié chez Gallimard (Série noire). Il est disponible dans les librairies Ernster (www.ernster.com).
Copyright photo : Catherine Hélie

« La tempête qui vient » – James Ellroy

Le Dog de LA est un dieu littéraire pour des millions de lecteurs. Attaquer ses sagas requiert une grande attention tant les détails et les rebondissements ne manquent pas. Le deuxième opus du Quatuor de LA ne déroge pas à la tradition avec des personnages incisifs et d’une complexité rare. James Ellroy leur offre la parole à tour de rôle pour installer un rythme soutenu à ces 130 jours de récits. 

Avec ce nouveau pavé, le Maître continue à réécrire l’histoire américaine à sa manière… et elle est détonnante.

“La tempête qui vient” est publiée aux Éditions Rivages/Noir. Il est disponible dans les librairies Ernster.

« UN(e)SECTE » – Maxime Chattam

Halloween a ses bonnes traditions et l’univers terrifiant de Maxime Chattam en fait partie. Grâce à deux enquêtes menées de front, entre LA et New York, l’auteur français invite ses lecteurs à plonger dans leurs peurs les plus primaires : les insectes. Et quand ces petites bêtes s’associent pour envenimer la vie des humains, la tension monte à son paroxysme. L’horreur dans toute sa splendeur signée par le Maître en la matière.

« La panthère des neiges » – Sylvain Tesson

Sylvain Tesson nous emmène à la découverte de l’univers de Vincent Munier, l’un des plus grands photographes animaliers de son temps, à travers une expédition au cœur du Tibet sur les traces de la panthère des neiges. 

Le récent lauréat du Prix Renaudot nous invite à avoir un œil critique sur le monde qui nous entoure via l’objectif de son ami. Du comportement des autorités chinoises à l’apprentissage de la patience, en passant par le respect de l’environnement, cette histoire est avant tout une aventure humaine.

“La panthère des neiges” est publié aux Éditions Gallimard. Il est disponible dans les librairies Ernster.

« La frontière » – Don Winslow

Le troisième volet explosif de la trilogie “Cartel” rondement mené par la plume incisive de Don Winslow. Ce grand spécialiste du crime organisé nous guide dans les méandres d’une structure sans foi ni loi qui met tout en place pour élargie son pouvoir. Comment Art Keller va-t-il procéder pour enrayer cette mécanique bien huilée ? Don Winslow ne vous lâche pas une seconde afin de secouer votre imagination pour un plaisir maximum.

“La Frontière” de Don Winslow est publié aux éditions HarperCollins. Il est disponible dans les librairies Ernster.

« Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon » – Jean-Paul Dubois

Alors qu’Amélie Nothomb était en lice pour la troisième fois, c’est pourtant la dernière oeuvre de Jean-Paul Dubois qui était la grandissime favorite de ce Prix Goncourt 2019. Et le jury ne s’y est pas trompé !

La réputation de Jean-Paul Dubois n’est plus à faire. Véritable humaniste, il invite ses lecteurs à découvrir une galerie de personnages, tous plus intéressants les uns que les autres. Et pourtant, le challenge est loin d’être gagné avec Paul Hansen, emprisonné dans un établissement pénitencier canadien. Son compagnon de cellule est tout sauf un enfant de choeur. Membre des tristement célèbres Hells Angels, il a du sang sur les mains. Si tout les sépare, ce duo improbable a pourtant beaucoup de points communs. Et il servira de fil rouge tout au long de ce roman profondément humain et triste à la fois.

Mais au fait, pourquoi Paul Hansen est-il en cellule ? Jean-Paul Dubois vous le dévoile à la fin de ce roman-confession couronné du prestigieux Prix Goncourt.

“Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon” est publié aux Éditions de l’Olivier. Il est disponible dans les librairies Ernster.

« Feel good » – Thomas Gunzig

Une mise en abyme littéraire incroyable où sarcasme, humour noir et réflexions sociologiques font bon ménage.

Thomas Gunzig ne lâche pas son lecteur de la première à la dernière page pour une fable décalée des temps modernes. “Feel good” de Thomas Gunzig est publié aux éditions Au Diable Vauvert.

Il est disponible dans les librairies Ernster.

Une fille, une famille décalée, une caravane… un road trip frais et terriblement efficace

Que ne ferait-on pas par amour ? En tout cas, Emile, 15 ans, n’a pas eu peur de s’embarquer dans une folle aventure vers Venise pour écouter le récital de Pauline, son amoureuse.

Si, au départ, Emile était invité en Italie par sa chère et tendre, un contre-temps de dernière minute va l’obliger à revoir ses plans. Et c’est finalement en compagnie de sa famille « originale » et de leur caravane, qu’il tentera de rallier la Cité des Doges. Un road trip hilarant retracé à travers le journal de cet adolescent pour qui la vie n’a pas toujours été un long fleuve tranquille.

Toute cette petite troupe de joyeux lurons va-t-elle arriver à bon port malgré les nombreuses péripéties qui jalonneront leur parcours ? Tel est le mystère que laisse planer l’auteur de cette fresque déjantée.

Une lecture totalement décalée qui met magnifiquement bien en avant le dicton « On choisit ses amis, on ne choisit pas sa famille ». Il faut dire qu’entre les parents d’Emile et ceux de Pauline, il y a un monde. C’est plus précisément le jour et la nuit. Et l’ado, pour qui c’est le premier amour, n’a pas forcément envie que ces deux univers se croisent. Et on pourrait quasiment le comprendre avec un père doux-dingue et une mère qui lui teint les cheveux en blond depuis toujours, parce que, paraît-il, il est plus beau comme ça. Ou encore un frère militaire qui n’est jamais en manque d’inspiration pour trouver une embrouille.

Du livre au grand écran

Une famille particulièrement gratinée donc, mais qui va tout de même démontrer qu’en étant solidaire, on peut déplacer des montagnes. Un road-book à consommer sans modération, où humour et émotions s’entrecroisent dans un rythme parfaitement maîtrisé.

Et pour ceux qui veulent prolonger ce moment de fraîcheur, Ivan Calbérac est passé de son ordinateur à la caméra pour une adaptation qui ne manque pas de punch grâce au duo Valérie Bonneton – Benoît Poelvoorde.

Calbérac, Ivan (2017). Venise n’est pas en Italie. Paris : Flammarion. 320 pages.

Photo de couverture : ©Studio Canal

Haruki Murakami, le touche à tout de la littérature japonaise

Auteur, romancier, nouvelliste, traducteur essayiste, journaliste… rien n’arrête l’artiste nippon.

Haruki Murakami, est né à Kyoto, le 12 janvier 1949.  Il est probablement l’auteur japonais le plus lu de la planète puisque son oeuvre a été traduite dans 50 langues et il a écoulé plus de deux millions d’exemplaires. Peu de romanciers peuvent se targuer de ce succès international.

Si les livres constituent la partie émergée de l’iceberg, Murakami est également reconnu dans son pays pour ses talents de traducteur (anglais-japonais), mais également comme journaliste dans des milieux aussi éclectiques que le jazz, la course de fond ou encore les faits divers.

Sa vision de la vie, aussi surréaliste que poétique, emmène les lecteurs dans des univers mélancoliques et fantastiques. Impossible de sortir indemne de ces odyssées tant l’imaginaire de l’auteur est sans limite.

Parmi ses best-sellers, on ne peut passer à côté de la trilogie 1Q84. Titre qui n’est pas dû au hasard mais qui fait référence au roman 1984 de George Orwell. Un parallélisme qui n’a laissé personne indifférent puisque le premier tirage du Livre 1 a tout simplement été épuisé le jour même de sa mise sur le marché ! Une frénésie confirmée un mois plus tard puisque Haruki Murakami a réussi à écouler un million d’exemplaires en 30 jours !

Une fresque détonnante qui met en scène Aomamé et Tengo. Les lecteurs sont invités à suivre leurs quotidiens en parallèle car Murakami passe successivement de l’un à l’autre au fil des chapitres. Je me suis laissé prendre dans cet univers où de nombreuses questions et dilemmes vous obligent à réfléchir sur votre quotidien. Ce sont 3 petites briques mais qui se laissent dévorer avec saveur tant la poésie de Murakami a pris le pas sur le volume.

Livre 1 Avril-Juin

Aomamé est une jeune femme, de 29 ans, qui, pour le compte d’une vieille femme, tue de sang-froid, des hommes abusant de leurs femmes. Solitaire, sans attache, elle rencontre Ayamé, avec qui elle forme un duo, pour séduire des hommes dans des cafés et profiter, le temps d’une nuit, des plaisirs de la chair. Cette existence pauvre et sans horizon désole Aomamé dont l’objectif ultime serait de retrouver Tengo qu’elle n’a pas revu depuis qu’elle a 10 ans, jour où elle lui a serré, quelques secondes seulement, la main gauche. 

De son côté, Tengo est un brillant professeur de mathématiques, tentant de devenir écrivain. Jamais publié encore, son éditeur potentiel lui propose de récrire le roman d’une jeune fille de dix-sept ans, qui a un talent certain pour imaginer une histoire fantastique, mais est incapable de la mener à bien. La Chrysalide de l’air est un succès commercial. Pourtant, l’existence de Tengo est menacée : son amie disparaît, un homme étrange le harcèle. Surtout, son destin retrouve celui d’Aomamé, elle aussi mêlée aux personnages de ce roman.

MURAKAMI, Haruki. 1Q84 Livre 1 Avril – Juin. Editions 10 / 18. 548 pages.

Livre 2 Juillet – Septembre

Au Japon, en 1984. 


C’est l’histoire de deux mondes, celui réel de 1984 et un monde parallèle tout aussi vivant, celui de 1Q84. Deux mondes imbriqués dans lesquels évoluent, en alternance, Aomamé et Tengo, 29 ans tous deux, qui ont fréquenté la même école lorsqu’ils avaient dix ans. A l’époque, les autres enfants se moquaient d’Aomamé à cause de son prénom, « Haricot de soja », et de l’appartenance de ses parents à la nouvelle religion des Témoins. Un jour, Tengo l’a défendue et Aomamé lui a serré la main. Un pacte secret conclu entre deux enfants, le signe d’un amour pur dont ils auront toujours la nostalgie. 
En 1984, chacun mène sa vie, ses amours, ses activités. 
Tueuse professionnelle, Aomamé se croit investie d’une mission : exécuter les hommes qui ont fait violence aux femmes. Aomamé a aussi une particularité : la faculté innée de retenir quantité de faits, d’événements, de dates en rapport avec l’Histoire. 
Tengo est un génie des maths, apprenti-écrivain et nègre pour un éditeur qui lui demande de réécrire l’autobiographie d’une jeune fille échappé ç la secte des Précurseurs. Il est aussi régulièrement pris de malaises lors desquels il revoit une scène dont il a été témoin à l’âge d’un an et demi. 
Les deux jeunes gens sont destinés à se retrouver mais où ? Quand ? En 1984 ? Dans 1Q84 ? Dans cette vie ? Dans la mort ?

MURAKAMI, Haruki. 1Q84 Livre 2 – Juillet – Septembre. Editions 10 / 18. 496 pages.

Livre 3 Octobre – Décembre

Au Japon, d’octobre à décembre 1984. 

Aux voix d’Aomamé et de Tengo se joint dans ce troisième volume celle du détective Ushikawa. 
Enrôlé par la secte des Précurseurs, Ushikawa se lance aux trousses de la tueuse et de l’écrivain, et lève un à un les voiles sur leur passé. 
Sous les deux lunes de 1Q84, un complexe jeu du chat et de la souris se met en place. 
Pour Aomamé et Tengo, le temps est désormais compté.

MURAKAMI, Haruki. 1Q84 Livre 3 Octobre – Décembre. Editions 10 / 18. 619 pages.

A travers Greenwich Village

Un quartier haut en couleurs qui vous emmène dans des ambiances aussi cosy qu’animée. Un village incroyable au cœur de la Grosse Pomme.

Si New York est connue pour sa frénésie, elle compte également de nombreux quartiers qui valent le détour de part leur quiétude et leur chaleur humaine. C’est notamment le cas de Greenwich Village.

J’ai notamment pu le constater au début de sa découverte. Alors que je cherchais la Jefferson Market Courthouse Library, un ancien tribunal construit en 1833 et reconverti en bibliothèque, un vieux monsieur est venu spontanément à ma rencontre pour m’indiquer la direction. « Ici, c’est Greenwich Village. Nous vivons dans une belle communauté où il est normal de s’entraider. » On m’avait raconté que beaucoup de New Yorkais était toujours partants pour aider les touristes, j’en ai eu la preuve sans même la chercher.

Greenwich a accueilli de nombreux artistes dont Ruth McKenney, auteur de My Sister Eileen, Edgar Allan Poe, John Barrymore, Théodore Dreiser, Marianne Moore ou encore Thomas Paine, ardent défenseur de l’indépendance américaine. C’est également là que débuta le mouvement de contestation gay le 27 juin 1969, et plus précisément depuis la taverne Stonewall Inn. Une petite place accueillant des statues rappelle cet événement.

La musique est également à l’honneur avec, notamment, le cabaret Duplex, qui accueilli les débuts de Barbara Streisand et le club Village Vanguard, le temple du jazz depuis 1935. A quelques blocs de là, vous pourrez également découvrir le Bitter End qui lança les carrières de Woody Allen et de Bob Dylan.

Un autre curiosité de Greenwich Village se trouve dans Bedford Street. Et plus précisément au 75 1/2 . Pourquoi 1/2 ? Tout simplement parce qu’il s’agit du numéro de la maison la plus étroite de New York avec seulement 2,90 m de largeur !

Enfin, plus anecdotique, Greenwich Village accueille Gay Street une rue courbe assez rare pour être signalée dans une ville où tout est tiré au cordeau. Ce quartier est vraiment idéal pour flâner dans une atmosphère conviviale parsemée de restaurants, de bars et de magasins décalés.